mercredi 23 février 2011

Article 16 - "New Zealand darkest day"

Lyttleton
Vous avez un train de retard (La mise à jour de ce blog laisse vraiment à désirer) mais nous allons aujourd'hui sauter quelques étapes non racontées de notre voyage pour nous arrêter sur la journée d'avant-hier.
Certains le savent, nous avons passé la semaine dernière à Lyttleton, à 10km seulement de Christchurch, chez Laura et Anne.
En ce mardi 22 Février, notre programme est de quitter la ville pour nous rendre à Dunedin, à quelques heures au Sud. 
Après avoir aidé Anne à descendre un canapé dans le garage vers 9h30, elle nous quitte et on se retrouve seuls à la maison.
J'en profite alors pour écrire un article sur le blog, en vous expliquant qu'au Te Papa museum, nous avons vécu une simulation de tremblement de Terre et je vous demande de prier pour que ce soit le dernier qu'on vive... Et bien il faut croire que vous n'avez pas prié assez fort!!
Nous prévoyons de quitter la maison à 11h pour aller manger à Christchurch une dernière fois et passer chez un garagiste pour changer un rétroviseur.
Evidemment, à 11h, nos valises ne sont même pas commencées et on prend beaucoup de retard sur notre programme.
A 12h45, nous sommes à peu près prêts, Nicolas file sous la douche et nous pourrons ensuite partir.
A 12h51, je suis dans la chambre et un énorme bruit se fait entendre. d'un coup, les murs commencent à trembler. Je pense d'abord à Laura ou Anne qui sont revenues en claquant la porte d'entrée. Puis, avant d'avoir le temps de réaliser quoi que ce soit, tout autour de moi se met à tomber dans la pièce, y compris les meubles!
N'écoutant que mon courage (comme toujours), je me mets à hurler! 
Au bout de quelques instants (à vrai dire, on est incapable d'évaluer le temps qui est passé), Nicolas sort de la douche et on se rejoint paniqués dans le salon.
Tout autour de nous se brise en morceaux sur le sol. On court se mettre à l'abris dans le jardin, où rien ne peut nous tomber dessus.
Lorsque le tremblement cesse, Nicolas se risque à aller chercher ses vêtements dans la salle-de-bain mais il y a des nuages de poussière de partout et des tremblements moins importants continuent d'avoir lieu. On entend au loin les voisins et on décide d'aller voir dans la rue, ce qu'il se dit (après que Nicolas se soit habillé, évidemment!).
Les premières personnes que l'on voit n'ont pas l'air tant paniquées que ça, on en conclue que ça doit être courant et pas si important. Tout le monde s'arrête quand-même pour nous demander si tout va bien.
La route est quand-même fissurée devant la maison et de gros rochers sont tombés, rendant la circulation difficile. 
Lorsque le voisin vient à notre rencontre, pour ne nous demander qu'une cigarette, en râlant parce que la secousse l'a réveillé et qu'il va devoir faire le ménage; on se dit qu'on peut surement retourner devant la maison sans crainte. 
On tente d'appeler Laura pour lui demander ce qu'on doit faire mais les lignes téléphoniques, comme l'électricité de manière générale, sont coupées.
Alors qu'on tente encore de l'appeler, une deuxième grosse secousse se produit. On est à ce moment sur des escaliers en bois, on court alors sur la route, pour se sentir plus en sécurité.
durant tout ce temps, on est anxieux en permanence, car on ne sait pas quoi faire ni où se mettre pour ne courir aucun danger. 
On tentera plusieurs fois de retourner dans la maison mais à chaque fois de nouvelles secousses nous en dissuadent.
A environ 14h30, on ne sait toujours pas quoi faire, on décide alors que la meilleure solution pour nous est de partir.
On tente de fermer la porte d'entrée mais il semblerait que le tremblement est décalé les serrures. On essayera pendant près d'une demi-heure car Anne est photographe professionnelle et tout son matériel est chez elle. 
Pendant que l'on essaye, la troisième grosse secousse survient. On se trouve sur une terrasse en bois, juste en dessous de la maison, l'endroit le plus dangereux.
On tente de coincer la porte de l'intérieur avec un vulgaire bout de bois et on part, sans traîner.
Comme on a encore aucune idée de ce qu'il s'est passé, on décide d'aller à Christchurch quand-même.
Sur le chemin, on voit des familles, sur des couvertures, devant leurs maisons, surement trop apeurées pour retourner à l'intérieur.
Le tunnel (principale voie d'accès à la ville) est fermé, on décide alors d'aller faire un tour rapide au centre de Lyttleton. 
Les photos témoignent de l'ampleur des dégâts. des bâtiments entiers sont détruits, des voitures embouties... L'armée s'est installée et on ne peut plus accéder à la rue principale.
On fait un gros détour pour se rendre à Christchurch. Sur le chemin, de nombreux rochers sont tombés, des poteaux électriques sont allongés sur la route, des inondations se forment car les canalisations ont explosé.
Certains bâtiments sont partiellement détruits. En approchant de Christchurch, on voit un énorme nuage de poussière sur une bonne partie de la ville. On commence à réaliser que le tremblement n'était pas "habituel".
Lorsqu'on arrive à Christchurch, le centre ville est inaccessible et le trafic est chaotique car les feux tricolores ne marchent pas.
On découvre toujours plus de dégâts... dans leurs voitures, des gens pleurent, surement parce qu'ils entendent les premiers chiffres à la radio. 
On s'éloigne de la ville et on s'arrête dans le premier Mc do' que l'on trouve pour envoyer des mails.
Les télévisions sont allumées et on a accès à l'information.
On découvre avec horreur les premières images de Chistchurch. Le centre ville est ravagé, la cathédrale n'a plus de toit. On entend des témoignages de personnes qui étaient dans des bâtiments qui se sont effondrés d'un coup, de toute leur hauteur. 
Il y a alors 17 morts annoncés. On découvre aussi que Lyttleton est l'épicentre du tremblement de Terre et que celui-ci s'est produit à seulement 4km de la surface de la Terre.
60% des bâtiments de Lyttleton sont effondrés, la petite ville est ravagée. On réalise la chance que l'on a de ne rien avoir. On déculpabilise d'avoir quitté la maison en désordre pour se mettre à l'abris.
Pendant que nous sommes au Mc do', des secousses continuent de se produire sous nos pieds.
On reprend notre route vers le Sud, pour s'éloigner au maximum du danger.
On arrivera à avoir des nouvelles de Laura par sms le soir qui nous annonce qu'elles vont bien toutes les deux mais qu'elles devront passer la nuit dans le parc sans nourriture ni eau, comme des centaines de  personnes, en attendant que la situation s'améliore.
Le lendemain matin, on achète le journal et ce sont maintenant 75 morts qui sont annoncés et entre 200 et 300 personnes toujours portées disparues sous les décombres. 
Le premier ministre, John Key, dit que l'on a probablement assisté au "New-Zealand darkest day" (jour le plus noir de l'histoire de la Nouvelle-Zélande).
Nous sommes maintenant sur la route de Dunedin, en sécurité. Encore une fois, nous n'avons rien eu, aucun dégât matériel ou physique. 
Nous sommes juste désolés de cette catastrophe qui s'abat seulement 5 mois après un premier tremblement au même endroit.
Aux dernières nouvelles, les habitants de Christchurch semblent décidés à quitter la ville.
Nous avons de notre côté eu la chance de pouvoir profiter de cette magnifique ville avant le drame et nous garderont malgré tout un excellent souvenir de notre semaine à Christchurch.

(Astuce : Pour avoir les descriptions des photos, mettez le diaporama en grand écran et cliquez sur "afficher les informations"! C'est quand-même mieux, hein!)

2 commentaires:

  1. Cet article et ces photos font froid dans le dos...
    Je suis vraiment soulagée que vous n'ayez rien !

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  2. Tout pareil, les photos font flipper... Heureusement vous n'avez rien... Plein de bisous, Béren

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